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Samuel Hahnemann (1755 - 1843) - Dr D. DESWARTE

Le contexte de sa naissance f

Les premières porcelaines dures européennes sont réalisées en Allemagne à Meissen, en Saxe, à la manufacture royale.

C’est là, dans cette belle région d’Allemagne que travaillait, en tant que peintre décorateur le père de Samuel Hahnemann. Sa situation était aisée.

   maison Hahnemann

Son enfance.

Né en 1755, Hahnemann était doué pour les études, et déjà à 12 ans lisait à livre ouvert la littérature grecque et latine, et plus tard sut parler aisément français, anglais et italien. C’était un grand travailleur aux dépens d’une santé fragile.

Sa culture lui permit de traduire de nombreux ouvrages de chimie. Il était d’ailleurs considéré comme un chimiste réputé, en particulier par le chimiste Demachy. Les applications de ses travaux étaient industrielles ou en médecine légale.

Son père ne l’avait pas poussé à continuer ses études, il aurait préféré qu’il travaille pour sa manufacture. Ce sont ses éducateurs qui qui vont insister pour qu’il continue ses études.

Sa maturité.

A 20 ans son père l’autorisa à partir pour Leipzig avec peu d’argent en poche car les revenus étaient alors faibles et étaient nécessaires pour le reste de la famille.

Il eut des revenus en enseignant les langues à un jeune grec fortuné et put suivre des conférences de médecine.

il partit ensuite à Vienne et fut médecin et bibliothécaire d’un baron. Il pratiqua la médecine pendant un an et demi. Il eut ensuite son diplôme de docteur en médecine, à 24 ans.

Il se maria, eut 5 enfants, et repartit à Leipzig.Il fut élu sociétaire de la Société économique de Leipzig et de l’Académie des sciences de l’électorat de Mayence.

Le rayonnement d’un homme de culture et de travail.

Il est à remarquer que partout Hahnemann était largement accueilli par des gens importants et de culture. Sa personnalité était rayonnante et peu commune.

De 1785 à 1789, il édita plus de 2000 pages de textes, traductions et ouvrages originaux.

Après une longue maturation il décide que objectivement la médecine de son époque ne résout rien, et il ne peut continuer à l’exercer. Pour être au clair avec ses convictions il décide d’arrêter la médecine et subvient aux besoins de sa famille par des travaux personnels et de très nombreuses traductions, qui vont le faire apprécier des milieux scientifiques et médicaux de son temps.

La naissance de l’homéopathie.

Un an après notre révolution en France en 1790, Hahnemann va vivre un tournant de sa carrière et de sa vocation.

Auparavant Hahnemann avait souffert de fièvre intermittente certainement paludéenne qu’il avait soignée alors par de l’écorce de quinquina.

C’est en traduisant une matière médicale de Cullen sur le quinquina, qu’il voulut expérimenter sur lui-même ce médicament pour rechercher son mode d’action.

Cullen parlait d’un rôle fortifiant sur l’estomac de la drogue qui expliquerait son mode d’action ce qui semblait pour Hahnemann une hypothèse insuffisante.

Hahnemann décida d’en absorber deux fois par jour et de voir ses effets.

Il ressentit les symptômes suivants : froid des extrémités, pulsations dans le tête, rougeur des joues, soif, hébétude des sens, raideur des articulations, désagréable sensation dans les os. Les crises duraient de deux à trois heures et se répétaient seulement en répétant la dose.

Donc paradoxalement, la quinine provoquait des troubles semblables à une crise de fièvre intermittente pour laquelle elle était aussi le médicament.

C’est cette première constatation qui aurait été le facteur déclenchant de sa démarche vers le concept de la similitude.

La médecine de cette époque semblait se résumer à la saignée, aux antiphlogistiques, bains tièdes, dépuratifs, purgatifs. Ce qui décida Hahnemann à la rupture avec la médecine allemande de son temps ce fût l’événement de la mort de Leopold II d’Autriche qui fit grand bruit dans la population de l’époque. Le Dr Lagusius son médecin s’était obstiné à répèter des saignées qui lui furent fatales.

Les dix ans qui vont suivre vont voir Hahnemann errer de ville en ville, exerçant la médecine çà et là et subvenant aux besoins de sa famille par des travaux scientifiques et littéraires.

La première approche du principe de similitude.

Pour Hahnemann, le phénomène observé avec la quinquina n’était pas qu’une simple coïncidence. L’étude des effets d’une substance sur un organisme sain permet d’en découvrir les possibilités curatives.

L’expérimentation doit être plus humaine qu’animale. Ainsi le porc supporte la noix vomique, le chien et le cheval sont insensibles à l’aconit.

La seule façon donc de connaître les effets des médicaments c’est donc de les expérimenter chez l’homme sain.

L’affirmation de sa découverte.

C’est donc en 1796, la même année où Jenner découvrait la vaccine qu’Hahnemann publia cet essai d’une centaine de pages : « Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales ».

Pour lui, nous avons trois façons d’attaquer la maladie :

La première c’est d’écarter la cause, ce qui est rare surtout à cette époque.

La deuxième c’est de supprimer les symptômes de la maladie : « contraria contrariis curentur » ;  c’est une méthode palliative, et c’est la propre de l’allopathie, La troisième recherche, qui concerne plus la maladie chronique c’est la thérapeutique par les spécifiques, thérapeutique par la similitude : « simila similibus curentur ».

Vous reconnaissez dans la deuxième proposition la démarche de la médecine courante palliative, qui consiste à faire disparaître des symptômes.

La troisième proposition c’est la prise en compte d’une totalité de symptômes qui tiendra plus compte d’une réaction générale de l’organisme et qui sera aidé pour se guérir par un message ou une information adaptés. Le médicament homéopathique apporterait cette information.

Citations d’Hahnemann :

« tout médicament efficace provoque chez l’homme sain une espèce de maladie d’autant plus spécifique, plus caractérisée, et plus intense, que le médicament est plus efficace »

« aussi faut il imiter la nature, qui guérit quelquefois une maladie chronique par une affection nouvelle qui survient, en employant contre l’état surtout chronique qu’on veut faire disparaître le remède qui est propre à créer une maladie artificielle aussi semblable que possible à l’affection naturelle. Cette dernière sera alors guérie ».

Ce sont les concepts de base, aboutissement de son premier travail de recherche qu’il va alors approfondir les années qui suivent.

Il a alors expérimenté une cinquantaine de médicaments.

En 1805, Hahnemann va se fixer à Torgau, pendant 6 ans, il va pratiquer sa nouvelle médecine, ses détracteurs vont se manifester, sa clientèle va grandir et sa réputation, il va continuer à publier.

Un aspect remarquable à noter c’est la révolution opérée d’Hahnemann par rapport à la médecine de son époque en introduisant une médecine expérimentale humaine grâce aussi à ses élèves qui furent ses premiers expérimentateurs.

C’est 38 ans plus tard que Claude Bernard va publier son premier écrit. Hahnemann peut donc être reconnu comme le véritable précurseur de la médecine expérimentale.

La première édition de « l’Organon de l’art de guérir » fut publié en 1810 et fut traduit en diverses langues.

La doctrine d’Hahnemann et ses oppositions.

Le travail est trop considérable pour être résumé ici.

Nous renvoyons le lecteur au livre du Dr Philippe Colin sur la philosophie de l’homéopathie pour comprendre les racines culturelles de la pensée d’Hahnemann.

Pour Hahnemann, nous n’avons pas accès à la cause de la maladie. De même nous ne connaissons pas le mode d’action des substances médicinales. La classification des maladies ainsi que des substances médicinales était illusoire. Le plus important pour lui était l’observation des symptômes à la fois chez le malade mais aussi des propriétés des substances médicinales sur l’homme sain.

Replaçons nous dans le contexte de l’époque avant la démarche expérimentale de Claude Bernard à une époque où la médecine était bien démunie et où les concepts principaux étaient les maladies par atonie ou par spasme et où il fallait combattre le mal avec des médicaments comme l’élixir parégorique, la quinine, le calomel, l’opium, l’antimoine, quitte à déplacer la maladie, ou à subir les conséquences des effets délétères des substances administrées, sans oublier la fameuse saignée encore bien répandue.

D’un coté l’école classique affirme vouloir classifier les maladies, rechercher leurs causes, et analyser les propriétés pharmacodynamiques des remèdes pour les opposer aux causes de la maladie.

Pour les homéopathes de cette époque, les propriétés des remèdes ne se prêtent pas à l’analyse, elles ne peuvent se manifester que dans le cours des expérimentations chez l’homme sain, où se révèle la symptomatologie du médicament.

Un autre argument encore était donner des complexes de médicaments pour la médecine officielle, alors que l’homéopathe serait censé ne donner qu’un seul remède à la fois.

Tous les ingrédients pour une opposition farouche sont ici rassemblés, le contexte est manichéen et à notre époque nous avons beaucoup de nuances à apporter, la médecine a évolué.

L’homéopathie va se développer considérablement au milieu du 19 e siècle, la médecine orthodoxe est alors très critiquée, et beaucoup ne comprennent pas que des médecins diplômés se tournent vers cette pratique.

Nous pouvons voir dans ce contexte que l’aura de l’homéopathie a cette époque a constitué un aiguillon pour le développement des concepts de la médecine moderne.

Beaucoup de médicaments expérimentés par les homéopathes seront repris dans la pharmacologie classique, veratrum album, bryonia, la nitroglycérine, cocculus, drosera, calendula…

Dans les années 1829, l’action de l’homéopathie dans les épidémies de choléra fut constatée ainsi qu’en 1878 dans une épidémie de choléra à la Nouvelle Orléans, et cette action était reconnue par les compagnies d’assurance de l’époque.

Les années à Lepzig

Hahnemann, au moment ou Napoléon décida de créer une place forte à Torgau, partit alors à Leipzig en 1811. Il cherchait à enseigner sa méthode, sachant que beaucoup de médecins trouvaient intérêt à ses écrits.

Pour pénétrer à l’université il fallait faire ses preuves et il fit un exposé sur l’helleborisme qui fit grande impression aux universitaires. Il fût donc autorisé à exposer ses conceptions à la faculté deux fois par semaine.

Il parlait des ses conceptions avec fougue et parfois s’emportait sur la médecine de son époque de manière parfois excessive. C’est là que se forgera son groupe d’amis intimes qui seront ses expérimentateurs pour sa matière médicale. A cette époque la renommée d’Hahnemann fût alimentée par ses résultats positifs sur l’épidémie de Typhus qui se déclencha pendant les conflits de l’armée napoléonienne.

Ensuite sa présence à Leipzig alimenta une cabale de médecins et d’apothicaires contre lui qui le décida à prendre sa retraite.

Sa retraite à Koethen.

Ayant perdu son épouse qui lui avait donné 11 enfants, Hahnemann, se retira dans la ville de Koethen en 1821, à l’âge de 65 ans. Il écrivit là son traité des maladies chroniques. Il vécut ensuite des drames familiaux et des décès tragiques de deux de ses enfants.

Son rêve aurait été de créer un hôpital pour les soins homéopathiques. Il faillit se réaliser mais certains protagonistes peu scrupuleux et malhonnêtes feront échouer ce projet.

80 ans, la deuxième vie de Hahnemann !

le 8 octobe 1834 un événement fera basculer sa vie. Une patiente vient le consulter de Paris, Marie Mélanie D’Hervilly. Elle est belle, cultivée,à l’intelligence brillante, très férue dans les arts. Elle a eu connaissance en France des écrits d’Hahnemann. Une complicité va s’établir et se concrétiser par un mariage le 18 janvier 1835.

Mélanie le poussera à voyager à Paris, et en fait à y rester la fin de sa vie. Il vécut là dans un appartement, rue Madame, face aux jardins du Luxembourg.

Il fût particulièrement bien accueilli pas ses confrères homéopathes. La méthode s’était en effet particulièrement bien développée dans la capitale grâce au Comte des Guidi, médecin d’origine napolitaine, naturalisé Français et exerçant à Lyon.

Sa conviction démarra à l’occasion de la guérison de sa femme qui souffrait depuis 20 ans par deux médecins homéopathes napolitains.

L’académie de médecine déjà à cette époque, informée de la venue de Samuel Hahnemann pria le ministre de l’époque, Monsieur Guizot de lui interdire l’exercice de la médecin.

Voilà intégralement sa réponse à l’époque : "Hahnemann est un savant de grand mérite. La science doit être libre pour tous. Si l'homéopathie est une chimère ou un système sans valeur utilitaire, elle tombera d' elle-même. Si elle est, au contraire, un progrès, elle se répandra en dépit de vos mesures de préservation, et l'Académie doit le désirer avant tout autre, elle, qui a mission de faire avancer la science et d'encourager les découvertes"

 

 

 

 

 


Buste d'Hahnemann
par David d'Angers

 

 

 Hahnemann ensuite continua à exercer dans un Hôtel particulier au 1 rue de Milan, et Mélanie le seconda. Le lieu et sa clientèle devinrent prestigieux. Hahnemann y mourût le 2 juillet 1843 à l’âge de 88 ans.

Il est enterré au Père-Lachaise dans un tombeau orné d’un magnifique buste de David d’Angers, dont l’original se trouve à l’Hôpital Saint Jacques à Paris.

C’est la Société Française d’Homéopathie qui entretient le monument et qui commémore le fondateur tous les ans.

Dr Didier DESWARTE

Bibliographie :

Dr J. BAUR, Homéopathie, quelques pages d’histoire – cahiers Hahnemaniens.

Dr D. DEMARQUE, L’Homéopathie, médecine d e l’expérience – Editions Coquemard, 1968.

D. Georges THOURET, Thèse de doctorat en médecine, présentée par le Dr SEROR.

 

Note :

Et l’homme par rapport à l’animal peut exprimer ses symptômes ce qui est un outil de plus pour nous pour analyser les situations.

Observons donc que l’ensemble des symptômes objectifs et subjectifs sera pris en compte. Nous comprenons aussi que notre médecine basée sur l’expérimentation animale reste ancrée dans l’objectif et l’objectivable et se coupe de toute cette dimension propre à l’homme conscient qu’est sa subjectivité.

 le terme allopathie est employé pour la première fois par Hahnemann et nous l’utilisons couramment à notre époque pour désigner le médicament chimique.

 Le terme remède convenait à cette époque et sera utilisé dans un contexte historique. Nous utilisons maintenant le terme médicament. Le médicament homéopathique est à la pharmacopée et mentionné dans le codex pharmaceutique. Dans un langage courant et plus trivial nous utilisons encore ce terme remède, que certains de nos confrères préfèrent d’ailleurs mentionner pour signifier que nous dépassons les propriétés strictement pharmacologiques et chimiques dans nos conceptions pour expliquer les propriétés de l’homéopathie en thérapeutique.

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